"Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre", George Orwell

 

L’Union européenne, de concert avec l’Organisation de la Coopération islamique (basée en Arabie Saoudite et regroupant 57 pays musulmans), ainsi que l’Union africaine, projette d'élaborer une convention internationale pénalisant le blasphème et les insultes aux figures religieuses, (résolution 16/18).  En gros, il s'agit de criminaliser l'exercice de la liberté d'expression lorsque celle-ci est utilisé pour critiquer les religions puisque les notions de blasphème et d'insulte sont extrêmement suggestives.  Par exemple, représenter Muhammad ou dire qu'il n'est pas un prophète constitue un blasphème en islam.  À noter qu'un blasphème religieux n'en est un que pour les adeptes de la religion concernée.  Comme Salman Rushdie l'a si justement fait remarquer,  "Là ou il n'y a pas de croyances, il n'y a pas de blasphème". 

 

Les mailles se ressèrent

 

Une conférence à huis-clos s’est déroulée à Washington entre le 12 au 14 décembre 2011 dans le but de mettre en œuvre ce projet, finalement nommé le Processus d’Istanbul, puisqu'il a té élaboré dans cette ville de Turquie. Ce processus est dénoncé, même par certains leaders musulmans!  La prochaine session du Processus d’Istanbul aura lieu cette année et l’Union européenne a proposé de l’accueillir.

L’OCI compte établir un observatoire international basé à Genève avec un mandat mondial de surveillance du dénigrement de l’islam mais aussi de toutes les autres religions mais ne soyons pas dupes: il ne s’agit pas de protéger les autres religions (sinon, il faudrait interdire le Coran dont plusieurs versets dénigre d'autres religions) mais bien de criminaliser à l’échelle internationale toute critique de l’islam, critique assimilée à une forme de racisme par Rizwan Saeed Sheikh, porte-parole du Secrétaire général de l’OCI.

 

La communauté internationale doit se mobiliser.

 

Les médias occidentaux deviennent déjà assez frileux dès que l'on parle de l'islam (à preuve la couverture médiatique pratiquement inexistante du Processus d'Istambul!)  Sur les blogs des grands journaux, les internautes qui critiquent l'islam sont de plus en plus censurés, même lorsque leur commentaire respecte la charte  de commentaires de ces journaux.  Certains modérateurs particulièrement zélés interprêtent de façon erronée les notions de "discrimination basée sur la religion" ou "d'incitation à la haine ou à la violence."   Ce phénomène ira certainement en s'accentuant dans les pays qui ratifieront une convention interdisant le blasphème religieux.

 

Nous ne pouvons pas demeurer sans réagir face à ce qui s'annonce comme la plus importante tentative de museler la liberté d’expression à l'échelle internationale.  Entre autres actions, pourquoi ne pas organiser à travers le monde des manifestations à l'occasion de certaines journées symboliques?  Ces manifestations pourraient même devenir annuelles si une cenvention voit effectivement le jour. 

 

Voici quelques dates intéressantes:

-le 12 mars, Journée mondiale contre la censure sur Internet

-le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de presse

-le 15 novembre, Journée pour les Écrivains en prison

 

Les chartes des droits et libertés qui protègent les droits humains les protègent notamment contre la discrimination religieuse mais garantissent aussi leur liberté d'expression.  Le mot "critique" n'est pas synonyme de "discrimination", encore moins de "propagande haineuse".  De plus,  les chartes protègent les personnes, pas les religions, qui sont des ensembles de croyances qui ne peuvent pas ressentir de l'indignation ni être "blessés" par des commentaires.



Penser n'est pas un crime, exprimer sa pensée ne devrait pas l'être non plus.