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C'est aujourd'hui le 8 mars, Journée Internationale des femmes.  C'est généralement l'occasion de regarder le chemin parcouru mais aussi le chemin qu'il reste à parcourir pour que les femmes aient, partout dans le monde, les mêmes droits que les hommes.  Parmi les obstacles à l'égalité des sexes, les religions ont encore une place de choix mais peu d'entre elles arrivent à la cheville de l'islam (lire "Versets misogynes" et "Hadiths misogynes"). 

 

Certains musulmans prétendent que l'islam enseigne le respect des femmes et même qu'il rend libres.  Ils prétendent surtout que les règles misogynes qui restreignent les droits des femmes visent à les protéger, sous prétexte qu'elles seraient plus faibles, plus fragiles, moins intelligentes, etc.  Ils font la promotion du voile en parlant de la femme comme d'un joli bijou qu'il faut cacher (ça ce sont ceux qui utilisent la flatterie, d'autres utilisent des termes moins polis) et parlent des femmes habillées à l'occidentale comme si elles étaient forcément toutes des esclaves de la mode...

 

Autant ils méprisent ouvertement les femmes non-musulmanes, autant ils peuvent avoir l'air de mettre les femmes musulmanes sur un piedestal mais on doit se souvenir qu'on rive les statues à leur socle pour être bien certain qu'elles n'en bougent pas!

 

Ce n'est pas un hasard si les intégristes s'ingénient à ce point à resserrer les mailles du solide filet qu'ils ont tissé autour des femmes.  Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils ne sont pas tous également convaincus de la véracité des préjugés sexistes qu'ils véhiculent.  S'ils trouvaient réellement les femmes si faibles, la liberté que certaines osent revendiquer ne leur semblerait pas si dangereuse qu'ils sont parfois prêts à les tuer pour l'étouffer dans l'oeuf.   S'ils les trouvaient si peu intelligentes, ils ne chercheraient pas avec autant d'acharnement  à les priver d'instruction.  Et si leur attitude menaçante à l'égard des femmes provenait d'un sentiment d'être menacés par elles?

 

Les femmes indépendantes, de corps et d'esprit, font peur car elles ne suivent pas les chemins que l'on trace pour elles.  Elles pensent par elles-même, elles posent des questions et elles doutent.  Elles voient venir les manipulateurs à 100 km.  Elles dérangent surtout parce qu'elles révèlent la fragilité des idéologies qui les réduisent à un statut inférieur.

 

Car fragile, l'idéologie islamiste l'est bel et bien pour ne devoir sa survie qu'à un système oppressif qui tente par tout les moyens de contrôler le corps et l'esprit de ceux (et surtout celles) à qui on demande de la suivre aveuglément. Guerre de conquête, conversion forcée, mariage forcé, endoctrinement des enfants, menace permanente de l'enfer, sans oublier la propagande entourant le mythe de l'islam pacifique, qu'est-ce donc que tout cela sinon un aveu de l'incapacité de l'islam à séduire sans violence ni artifice? 

 

Les femmes sont fortes et c'est parce qu'elles le sont qu'on tente de les convaincre qu'elles sont faibles.  Elles sont aussi intelligentes et c'est pourquoi on tente d'enfermer leur esprit pour mieux pouvoir enfermer leur corps ensuite.  Quelle meilleure façon de vaincre un ennemi que le persuader de son incapacité à combattre? 

 

Comme je l'ai déjà mentionné dans "L'instrumentalisation des femmes dans l'islam", (voir article précédent celui-ci), le seul "respect" que peut espérer une femme de l'islam fondamental exige en échange une totale abdication de la souveraineté sur sa personne.  Un "respect" conditionnel, qui brise la solidarité entre les femmes en les dressant les unes contre les autres: les musulmanes contre les non-musulmanes, les musulmanes voilées contre celles qui ne le sont pas, celles qui portent le hijab contre celles qui portent le voile intégral, etc. 

 

Pour pouvoir être réellement respectées, les femmes doivent d'abord se donner le droit de faire leurs propres choix, bons ou mauvais, mais elle doivent aussi pouvoir le faire sans risquer des représailles.  Que vaut l'obéissance à une règle lorsque la possibilité de faire un autre choix n'existe même pas?   La liberté, elle, tant qu'elle ne brime pas la liberté des autres, n'est jamais un mauvais choix, c'est même le plus important.   Vivre sans avoir besoins de l'approbation des hommes ou des dieux, ça peut faire peur mais c'est un apprentissage indispensable pour être véritablement libre.