Quiconque s'inquiète à vois haute de la montée de l'intégrisme islamique en Occident s'attire inévitablement un commentaire du genre "Les intégristes ne forment qu'une infime minorité des musulmans!", comme si cela ne faisait aucun doute et surtout comme si c'était suffisant pour qu'ils ne représentent aucune menace pour la société.  La "minorité" intégriste a pourtant réussi à faire de tout endroit à majorité musulmane dans le monde, (qu'il s'agisse de pays ou d'un simple quartiers), un endroit hostile aux droits des femmes, des minorités religieuses et des homosexuels.  Un endroits où, dans certains cas, il peut être risqué pour un citoyen de simplement de violer une règle de l'islam en public (pensons simplement à la persécutions des non-jeûneurs durant le ramadan en Algérie).

 

Une minorité influente


La croyance qu'une minorité d'invididus violents et potentiellement criminels ne représente pas une grande menace pour la majorité ne tient évidemment pas compte de la réalité mais le plus étrange c'est que la religion est l'un des seuls domaines au sujet duquel elle se manifeste et le phénomène n'est pas limité aux milieux musulmans.  Il ne viendrait à l'idée de personne ne minimiser la précence dans un quartier, ne serait-ce qu'un d'un seul violeur, pédophile ou assassin car sa présence, (du moment qu'elle est connue), serait suffisante pour que toutes les  femmes, dans le cas du violeur, tout les parents et les enfants, dans le cas du pédophile et la plupart des habitants, dans le cas de l'assassin, soient sur le qui-vive.  Pourtant, la propagande relativiste et même angéliste au sujet de l'islam a été si efficace qu'elle a réussi à convaincre bon nombre d'entre nous que, non seulement les intégristes musulmans ne forment qu'une infime minorité des musulmans, mais encore que cette minorité n'a aucune influence sur le reste de la communauté musulmane.

 

La réalité est toute autre.  Les intégristes ne se contentent pas d'être intégristes dans leur foyer, ce qui compte vraiment pour eux, c'est d'imposer la pratique d'un islam radical à leurs proches, à leur communauté, voire même aux non-musulmans lorsqu'ils sont en mesure de le faire, de façon à radicaliser les milieux déjà musulmans et d'islamiser les autres.  Ils n'hésiteraient pas à imposer l'islam intégral à toute la planète s'ils le pouvaient.  En attendant l'avènement du califat mondial de leurs fantasmes, ils tentent de fanatiser les membres de leurs familles, de leurs amis, de leurs voisins.  Ils deviennent imams, conférenciers, enseignents dans des masrassas, écrivent des livres ou des articles, créent des sites web et des blogs, produisent des vidéos.  Ils ont aussi beaucoup d'enfants (en particulier lorsqu'ils ont plusieurs femmes) à qui transmettent leur haine et leurs préjugés.

 

En usant de diverses méthodes d'intimidation (vandalisme, manipulation, surveillance ostensible, insultes, menaces, dénonciations, agressions physiques ou même meurtre), les intégristes peuvent parvenir graduellement à obtenir, même les plus modérés de leur communauté respective, qu'ils obéissent à leurs règles, non par conviction mais par peur des représailles sur eux ou leurs proches. 

 

Une femmes qui porte un voile pour ne pas se faire harceler des intégristes envoie le même message qu'une femme qui le porte par conviction.  Qu'elle haïsse férocement  les intégristes et brûle du désir d'arracher son voile ne se lit pas sur son visage.  Qu'elle le veuille ou non, elle devient un instrument de propagande islamiste.  Dès que les intégristes réussissent à obliger des modérés à agir comme s'ils avaient la même vision de l'islam qu'eux, ils gagnent et ça ne change absolument rien qu'ils soient minoritaires ou non.

 

La validation indirecte de l'intégrisme dans l'éducation musulmane

 

Beaucoup de musulmans modérés ne fréquentent pas de mosquée, n'ont pas lu intégralement le Coran et n'obligent  en aucune façon leurs enfants à le lire, encore moins à l'apprendre par coeur.  Ils réalisent peut-être que tout les enseignements de l'islam ne sont pas éthiques et que certains peuvent même être dommageables pour les enfants.  Lorsqu'ils enseignent l'islam à leurs enfants, peut-être essaient-ils de privilégier les versets coraniques positifs qui mettent l'accent sur la charité, la bonté et le pardon.  La plupart d'entre eux envoient leurs enfants dans des écoles non-confessionnelles et les laissent nouer des amitiés avec des non-musulmans.  Ils sont sans doute persuadés avoir pris des mesures suffisantes pour éviter à leurs enfants de devenir des intégristes en grandissant. 

 

Il y a malheureusement une faille dans ce raisonnement.  C'est que même les plus modérés des musulmans apprennent, en principe, à leurs enfants que le Coran est la parole d'Allah et que Muhammad est un modèle à suivre.  Même si leurs enfants grandissent dans l'ignorance la plus totale de la violence fondamentale de l'islam et de la vraie personnalité de son fondateur,  ils apprennent les mêmes croyances de base que les enfants d'intégristes.  Ils apprennent aussi à considérer l'islam comme la base de leur éthique personnelle et sont parfois rabroués lorsqu'ils remettent en question la perfection de leur religion ou de son fondateur.   

 

Lorsque ces enfants auront grandi et qu'ils ouvriront éventuellement un Coran ou un recueil de hadiths, il est possible qu'ils vivent un grand conflit intérieur et qu'ils ne voient que deux issues possibles pour le résoudre: l'acceptation passive de la violence intégriste ou la participation active à cette violence.  Après tout, cette violence n'est-elle pas basée sur l'idée que tout se justifie au nom de l'islam, tant qu'on ne contredit pas ses textes fondateurs?  Dans un cas comme dans un autre, les intégristes gagnent.  Il y aurait bien deux autres options mais elles sont très peu populaires dans les milieux musulmans: il s'agit de celle du renoncement à la croyance que l'islam et Muhammad sont parfaits et celle de l'apostasie...

 

Le silence des justes

 

Dans la catégorie "Proverbes et citations à méditer", il y a quatre citations qui disent à peu près la même chose:

 

-"Qui n'empêche pas le mal le favorise" (Cicéron),

-"La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien" (Edmund Burke)

-"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire (Albert Einstein)

-"Ce qui me fait peur ce n'est pas la méchanceté des méchants mais le silence des justes" (Gandhi)

 

La moindre caricature de Muhammad provoque une vague de violence de la part de musulmans hystériques à travers le monde mais on peut entendre une mouche voler lorsque des intégristes tuent des innocents (dont beaucoup de musulmans).  Ce ne sont pourtant pas les occasions de réagir qui manquent puisque les actes violents commis par des musulmans (attentats terroristes, crimes dit d'honneur, persécutions des femmes, des minorités religieuses, des homosexuels, etc) sont quotidiens.  Chez de nombreux musulmans, surtout en Occident, le mieux que l'on puisse obtenir à ce sujet est une molle condamnation du bout des lèvres, rarement spontanée et souvent suivie par un discours plus énergique destiné à dissocier cette violence du "vrai" 'islam.

 

On objectera que plusieurs musulmans craignent pour leur sécurité et celles de leurs proches s'ils dénoncent la violence intégriste.  Il est vrai que cette peur est souvent totalement justifiée mais personne ne leur demande de sortir dans la rue avec un porte-voix et un badge avec leur nom et leur adresse.  Après tout, nous disposons maintenant dans de nombreux pays de deux inventions merveilleuses: Internet et les pseudonymes!  Commentaires, articles, chanson, livre, documentaire, tout cela peut être fait derrière un écran et signé d'un nom de plume.  La censure est tout de même moins dangereuse pour le corps humain qu'une arme à feu ou une arme blanche. 

 

Comment l'intégrisme musulman sera-t-il vaincu si chez les musulmans comme chez les non musulmans, on refuse d'admettre que la menace est réelle?  Qu'est-ce qui découragera les intégristes d'user de violence pour imposer l'islam radical si ceux-là même qui ont le plus à en pâtir, les autres musulmans, sont peu nombreux à réagir, même sous le couvert de l'anonymat et dans les pays non musulmans?  Comment faire pour contrer l'endoctrinement au djihad lorsqu'on est incapables de jeter un regard critique sur l'islam et son fondateur?  Comment lutter contre les préjugés contre la communauté musulmane lorsqu'on met plus d'énergie à tenter de museler la liberté d'expression de quelques caricaturistes et à se convaincre que cette violence est étrangère à l'islam qu'à protester contre des crimes perpétrés en son nom contre des innocents?