fille hijab rose

Dernière mise à jour 31 janvier 2017.

 

Les textes publiés sur ce blog ne réagissent habituellement, pas directement à l'actualité.  Ce billet est une exception, étant donné la nature particulière des évènements qui ont motivé son écriture.  Il sera mis à jour à mesure que des informations supplémentaires seront disponibles.

 

Dimanche soir dernier au Canada, un individu nommé Alexandre Bissonette a fait feu au Centre islamique culturel de Québec.  Il a tué 6 personnes et en a blessé 8 dont 5 gravement.  Il s'est lui-même livré à la police.  Un autre individu, nommé Mohammed Khadir, avait été également arrêté mais il n'est plus considéré comme un suspect.   On n'en sait pas encore beaucoup sur les motivations de Bissonnette mais, malgré le fait qu'il ait crié "Allahou Akbar" avant de perpétrer son crime, il est fort probable qu'il visait symboliquement la communauté musulmane.  Plusieurs vigiles de solidarité envers les victimes ont été organisées à travers le Canada.

 

Qu'elle soit commise au nom de l'islam ou en réaction contre lui, la violence gratuite est toujours inacceptable.  La seule situation  la violence peut se justifier est la légitime défense.  Dans ce cas, la violence vise à faire cesser une agression physique commise contre soi ou une autre personne par des moyens normalement interdits par la loi.  Ultimement, lorsqu'on a des raisons raisonnables de penser qu'un agresseur menace directement notre vie ou celle d'une autre personne, il peut être justifié d'utiliser un niveau de violence potentiellement mortel mais on ne doit s'y résoudre qu'en dernier recours.

 

Massacrer les fidèles d'une mosquée alors qu'ils ne menacent la vie de personne n'est pas de la légitime défense.  Quelle que soit notre opinion de l'islam, le nombre de crimes perpétrés en son nom ou la violence de plusieurs de ses textes sacrés, absolument rien ne justifie l'usage de la violence gratuite envers des être humains.  Commettre des actes violents envers des gens pour la seule raison qu'ils sont musulmans est aussi immoral que de tuer des gens parce qu'ils appartiennent à un peuple dont le gouvernement participe à des actions militaires contre l'État islamique.  Il n'y a pas de bon terrorisme et il n'y a pas de cause qui rende acceptable la violence gratuite.  Un attentat terroriste est toujours un crime, un crime contre des êtres humains mais aussi contre l'humanité.

 

Dans les prochains jours, les esprits vont s'échauffer et il se trouvera des personnes pour chercher des coupables et pointer du doigt des groupes entiers à cause de leur identité religieuse, nationale, ethniques ou politiques.  Les blogs seront envahis de commentaires agressifs faisant des amalgames douteux entre le terrorisme et les musulmans et les non-musulmans, les orientaux et les occidentaux, la gauche et la droite, la religion et la laïcité, etc.  Des appels à la violence seront lancés et il est même possible que d'autres attentats terroristes soient commis.  Cette escalade de violence doit à tout prix être évitée.

 

Il faut garder en tête que les attentat terroristes, quelles que soient les motivations de leurs auteurs et l'identité de leurs victimes, sont commis par des individus et non par des peuples ou des communautés.  Ces individus sont les premiers coupables de leurs actes.  Pour cette raison, il serait insensé d'en blâmer tout ceux qui sont du même pays, de la même nationalité, origine ethnique ou religion qu'eux.  Cette attitude discriminatoire ne fait que mettre de l'huile sur le feu et ne règle rien.  On ne devrait jamais porter la responsabilité des fautes d'autrui, en particulier lorsque nous ne les avons nous-mêmes ni commises ni même encouragées.  Dans ce cas-ci, elles sont même dénoncées vigoureusement par la majorité des canadiens.

 

On peut certes dénoncer les personnes qui véhiculent des discours de haine envers certains groupes et souligner l'influence qu'ils peuvent avoir sur le passage à l'acte des terroristes mais c'est un terrain très glissant qu'il faut emprunter avec la plus grande prudence.  Il est important de viser des propos précis et non les pensées qu'on attribue à leurs auteurs sinon.  On peut également dénoncer les idéologies violentes mais là encore, il est important de s'exprimer sur des propos précis, ce qui est facile lorsqu'une idéologie s'appuient sur des textes politiques ou religieux.  Par exemple, l'islam est basé sur des textes dont une importante proportion sont intolérants mais on ne doit pas présumer pour autant que tous les musulmans les connaissent et les approuvent.

 

Bonne réflexion et paix et tous et toutes!

 

Suggestions de lecture:

 

Lettre ouverte à ceux qui voudraient que l'Occident ferme ses frontières aux musulmans

Les biens-pensants ou la tolérance sélective